Rapport du conseiller indépendant concernant les allégations au sujet des transactions financières entre M. Karlheinz Schreiber et le très honorable Brian Mulroney



Annexe 3

Contradictions et incohérences relevées dans les dépositions de MM. Schreiber et Mulroney

Les témoignages de MM. Schreiber et Mulroney devant le Comité de l'éthique ont mis en lumière bon nombre de faits nouveaux concernant leurs transactions, ainsi que de contradictions touchant les paiements en espèces qu'a reçus M. Mulroney. 

Rencontre au lac Mousseau (Harrington Lake)

MM. Schreiber et Mulroney ne s'entendent pas quant aux propos tenus au lac Mousseau. M. Schreiber a déclaré que M. Mulroney avait alors accepté d'exécuter certains services pour son compte lorsqu'il ne serait plus en poste. Par contre, M. Mulroney affirme avoir convenu de collaborer avec M. Schreiber après avoir quitté ses fonctions de Premier ministre, mais il était toujours député.

Montant versé et avances

M. Schreiber a déclaré dans son affidavit du 7 novembre 2007 et dans son témoignage devant le Comité qu'il avait versé en tout à M. Mulroney la somme de 300 000 $, répartie en trois paiements de 100 000 $, afin qu'il fasse approuver le projet Bear Head au Canada. Selon M. Mulroney, M. Schreiber lui aurait remis 225 000 $, en trois tranches de 75 000 $, en vue de promouvoir les véhicules blindés légers Thyssen sur la scène internationale.

Au paragraphe 36 de l'affidavit de M. Schreiber daté du 7 novembre 2007, on peut lire qu'il est entré en contact avec M. Mulroney à la fin de 2002 pour lui demander de l'aider à obtenir des « engagements privés ou gouvernementaux » aux fins de l'installation de son entreprise de pâtes alimentaires en Ontario et ailleurs au Canada. M. Mulroney n'a pas contredit ces faits dans son témoignage, mais il a indiqué que la promotion de l'entreprise de pâtes de M. Schreiber ne faisait pas partie de l'entente originale conclue en 1993. On ignore toujours quand – et dans quelle mesure – elle l'est devenue.

M. Mulroney a indiqué qu'il avait hésité à accepter l'argent de M. Schreiber lors de leur première rencontre à Mirabel, au Québec. M. Schreiber s'était alors présenté comme un homme d'affaires de  réputation internationale qui traitait toujours en liquide. M. Mulroney a admis qu'il avait eu tort de prendre cet argent, ajoutant toutefois que si on lui avait plutôt offert un chèque, il l'aurait certainement accepté.

Services rendus

À l'hôtel Pierre, M. Mulroney aurait fait à M. Schreiber un compte rendu complet de son travail de promotion des produits Thyssen à l'étranger, notamment de ses entretiens avec des représentants chinois, russes, européens et américains. Selon M. Mulroney, Fred Doucet était également présent à cette rencontre. M. Schreiber a affirmé que M. Mulroney ne lui a rendu aucun service en échange de l'argent reçu.