Le bureau de poste central d'Ottawa (succursale postale B)


Archives : L'édifice Langevin d'hier à aujourd'hui et L'édifice Blackburn

Le personnel du BCP travaille à l'intérieur de divers édifices patrimoniaux reconnus

Emplacement : 47-59, rue Sparks

Bureau de poste central d'Ottawa (succursale postale B) vers 1940
Bureau de poste central
d'Ottawa (succursale
postale B) vers 1940

Le bureau de poste central est l'un des pôles d'attraction du centre-ville d'Ottawa depuis plus de 60 ans. Par son architecture et sa fonction, l'édifice, bâti en 1939, fait office de trait d'union entre la Place de la Confédération, où ont lieu les grands rassemblements nationaux, et la rue Sparks, où se succèdent plus discrètement immeubles à bureaux et boutiques de marchands locaux.

De même que les autres édifices qui se dressent dans ce secteur de la rue Elgin, le bureau de poste central se rattache au lieu historique national désigné sous le nom de Place de la Confédération.

Le bureau de poste se trouve toujours au rez-de-chaussée.  Les locaux situés aux étages supérieurs sont occupés par le Bureau du Conseil privé. L'immeuble est la propriété de Travaux publics et Services gouvernementaux Canada.

Historique

Bureau de poste central d'Ottawa (succursale postale B) 2009
Bureau de poste central
d'Ottawa (succursale
postale B) 2009

Le bureau de poste central a été construit entre 1938 et 1939 dans le cadre d'un projet ambitieux qui avait pour objet de réaménager la Place de la Confédération pour en faire une élégante voie d'accès à la Colline du Parlement et pour y édifier le Cénotaphe, ce qu'on appelle aujourd'hui le Monument commémoratif de guerre du Canada.

Le nouveau comptoir postal remplaçait l'ancien bureau de poste d'Ottawa (sis à l'angle des rues Wellington et Elgin), démoli pour les besoins du projet. Ce devait être la principale contribution du gouvernement du Canada à la revitalisation de la partie est du quartier des affaires.

Originaire d'Ottawa, l'architecte W.E. Noffke a conçu un immeuble moderne et fonctionnel dont la façade de style classique s'harmoniserait parfaitement avec les symboles nationaux qui occupaient déjà le périmètre. M. Noffke a soumis ses plans à Jacques Gréber, architecte et urbaniste français que le Premier ministre King avait chargé de dresser un plan-cadre pour l'aménagement de la Place de la Confédération et de la capitale nationale dans son ensemble.

M. Gréber a donné son aval, ajoutant toutefois au projet un splendide toit à lucarnes de style château. Fait à souligner, le gouvernement fédéral ne s'est vraiment conformé au plan original de Gréber que pour le nouveau comptoir postal.

Architecture

Portes d'entrée en bronze
Portes d'entrée en
bronze

Le bureau de poste central est un exemple du style « classique moderne » qui caractérise les immeubles fédéraux construits à la fin des années 1930. C'est un édifice de huit étages à ossature d'acier qui est recouvert de calcaire de Queenston et dont la base est en granit noire. En voici certaines des grandes caractéristiques :

  • Une façade moderne, tripartite, de style classique, agrémentée de motifs à faible relief
  • Des lucarnes de style château et une toiture de  cuivre fortement inclinée
  • Une façade angulaire pour mettre en évidence l'entrée principale
  • Une tour d'horloge qui donne de la hauteur à l'édifice et dissimule la gaine d'ascenseur
  • Une horloge ornementale coiffant l'entrée principale
  • À l'entrée principale, des portes en bronze décorées de motifs évoquant l'histoire de la poste au Canada
  • Les lions montant la garde de chaque côté des deux entrées, œuvres du sculpteur William « Cœur de Lion » MacCarthy
  • Des chambres fortes, des salles de tri ainsi qu'un atelier de menuiserie
Lions sculptés par Coeur de Lion MacCarthy
Lions sculptés par
Coeur de Lion
MacCarthy
Lions sculptés par Coeur de Lion MacCarthy
Lions sculptés par
Coeur de Lion
MacCarthy

Certains éléments attirent vers le sommet de l'édifice, et sur la ligne de toiture déterminée par les immeubles voisins, l'attention des visiteurs qui se dirigent vers la Colline du Parlement. Les portes en bronze et l'horloge ornementale font ressortir la façade angulaire et donnent l'impression qu'il faut s'y arrêter avant de s'engager dans la rue Sparks et le secteur commerçant.

Dans sa conception originale, le hall avait des murs de marbre poli avec des pilastres contrastants ornés de motifs sculptés ainsi qu'un grillage d'argentan et de bronze de style Art Déco.

À l'intérieur du bureau de poste, les visiteurs peuvent encore admirer les fenêtres profondes à encadrement de marbre qui offraient aux clients l'espace nécessaire pour inscrire sur leur envoi le nom et l'adresse du destinataire.

L'architecte

Originaire d'Ottawa, W.E. Noffke était un architecte réputé dont le nom était déjà associé dans la région à des  immeubles commerciaux de prestige et à de belles résidences datant du début du XXe siècle, notamment :

  1. la Laiterie (1905) et la Grande Tribune (1909) du parc Lansdowne
  2. le magasin Ogilvy (1906)
  3. l'édifice Blackburn (1907-1911)

Il a également collaboré avec Moses C. Edey à la construction du pavillon Aberdeen (1898) et de l'édifice Daly (1905).

Le sculpteur

Horloge ornementale
Horloge ornementale

« Cœur de Lion » MacCarthy était connu d'un océan à l'autre pour ses monuments aux morts et pour ses bustes de personnalités canadiennes. L'on pense notamment :

  1. aux lions qui se dressent à l'entrée des édifices du Parlement
  2. à la « Victoire ailée », le monument érigé à Vancouver en mémoire des employés du Chemin de fer Canadien Pacifique qui sont morts durant la Première Guerre mondiale (1921)
  3. aux bustes de Sir John A. Macdonald, de Sir Wilfrid Laurier et de la reine Victoria que l'on peut admirer dans les édifices du Parlement

Principaux liens

Lieux historiques nationaux du Canada
Travaux publics et Services gouvernementaux Canada